À son arrivée au pouvoir en 2018, les ambitions de la Coalition Avenir Québec (CAQ) pour l’Est de Montréal étaient brillantes: un tramway vers Pointe-aux-Trembles et Montréal-Nord, un plan de
À son arrivée au pouvoir en 2018, les ambitions de la Coalition Avenir Québec (CAQ) pour l’Est de Montréal étaient brillantes: un tramway vers Pointe-aux-Trembles et Montréal-Nord, un plan de décontamination des terrains et un Hôpital Maisonneuve-Rosemont tout neuf. Lors d’un débat sur l’avenir de l’Est de Montréal, le bilan de la CAQ pour ce secteur s’est fait attaquer de toutes parts.
«Si on n’était pas responsable, on aurait fait comme la CAQ en 2018 et on aurait promis mer et monde», a laissé tomber le candidat du Parti québécois dans Pointe-aux-Trembles, Stéphane Paquet.
M. Paquet faisait référence aux nombreux projets inachevés ou entamés tardivement par le gouvernement caquiste en huit ans de mandat, autant en matière de transport collectif, comme le Projet structurant de l’Est (PSE), qu’en matière d’infrastructures, comme la rénovation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR).
Organisé par la Chambre de Commerce de l’Est de Montréal (CCEM), le débat réunissait mardi matin des candidats des principaux partis de l’Est de l’île, soit Chantal Rouleau (Coalition Avenir Québec), Stéphane Paquet (Parti québécois), Nicolas Plourde (Parti libéral du Québec), Alexandre Leduc (Québec solidaire), et le seul candidat qui ne se présente pas dans l’Est, Adrien D. Pouliot (Parti conservateur du Québec).
Tous les opposants de Mme Rouleau ont dénoncé en chœur le bilan de la CAQ, notamment en ce qui concerne le transport collectif.
La CAQ «traîne de la patte»
L’échec de la CAQ à mettre en place le Projet structurant de l’Est (PSE), un éventuel réseau de transport collectif qui doit relier l’Est de l’île et Montréal-Nord au métro, a été particulièrement mis de l’avant par ses adversaires. Le projet plane dans les airs depuis 2018, mais ne s’est toujours pas vu accorder ni financement, ni échéancier concret.
Ce n’est pas le seul projet sur lequel le gouvernement sortant s’est fait reprocher d’avoir «traîné de la patte». Les délais dans la reconstruction de l’HMR ont été soulignés. «Encore une fois vous n’avez rien fait pendant huit ans, sauf à la veille des élections [lorsque] vous avez décidé d’investir 700 M$», a indiqué le candidat libéral, Nicolas Plourde, en faisant référence à la somme annoncée par la CAQ en avril.
Par ailleurs, le candidat libéral a accusé le gouvernement caquiste de se vanter de la mise en branle de plusieurs projets, tels que l’HMR et le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal, qui seraient en réalité des initiatives libérales datant des années de Philippe Couillard.
«Les libéraux ont mis de l’argent dans le Plan québécois des infrastructures (PQI) pour acheter de la broche pour faire tenir Maisonneuve-Rosemont», a répliqué Mme Rouleau, ministre et députée sortante de Pointe-aux-Trembles pour la CAQ.
En ce qui concerne la ligne bleue, même si le budget pour la planification a été scellé sous le gouvernement Couillard, c’est la CAQ qui a octroyé l’ensemble des contrats.
Mme Rouleau a aussi vanté la mise sur pied du système de navettes fluviales.
Aucun gouvernement avant [la CAQ] n’a investi autant dans l’Est de Montréal.
Chantal Rouleau, députée sortante de la CAQ dans Pointe-aux-Trembles
Déficits et infrastructures
Pour sa part, le candidat du Parti conservateur du Québec, Adrien D. Pouliot, a dénoncé les importants déficits budgétaires du gouvernement sortant. Et cela alors que le déficit d’entretien des infrastructures s’est allongé.
«Tout s’écroule après huit ans de règne caquiste. […] La CAQ nous a mis dans le trou avec des déficits records», a-t-il lancé.
Alexandre Leduc, de Québec solidaire, a également fait référence au sous-investissement des infrastructures par la CAQ, citant le déficit massif de 7 G$ dans le métro de Montréal.
Selon la candidate de la CAQ, Chantal Rouleau, la préservation du métro fait partie des priorités du parti. Si la CAQ est réélue pour un troisième mandat, le PQI serait augmenté à hauteur de 180 G$, et 75% de cette enveloppe serait réservé au maintien des actifs. La part réservée à l’Est de Montréal est inconnue.
Un plan vague pour le PLQ
Le Parti libéral a aussi été critiqué sur ses promesses pour l’Est. Lundi, les libéraux ont révélé lundi leur Plan de développement social et économique pour l’Est de Montréal. Les mesures annoncées sont soit déjà en cours, comme la ligne bleue et l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, soit imprécises, comme la vision du PLQ pour le PSE.
Selon le plus récent sondage Segma réalisé pour Radio-Canada et Les Coops de l’information, à Montréal, le PLQ trône en haut du palmarès des intentions de vote avec 31%, suivi par QS à 24%, le PQ à 19%, suivi de la CAQ et le PCQ à 13%. À l’échelle provinciale, le PQ est en première place, suivi du PLQ.
Le dernier débat des chefs dans le cadre de cette campagne électorale est organisé par Radio-Canada et aura lieu mercredi soir.