Accueilli par une généreuse ovation, Yvon Deschamps a démontré qu’il a l’esprit toujours aussi alerte, sur le plateau de Tout le monde en parle (TLMEP), à Radio-Canada, dimanche. Le monument
Accueilli par une généreuse ovation, Yvon Deschamps a démontré qu’il a l’esprit toujours aussi alerte, sur le plateau de Tout le monde en parle (TLMEP), à Radio-Canada, dimanche.
Le monument de l’humour était présent aux côtés de sa fille Annie Deschamps pour promouvoir la bande dessinée Yvon avant Deschamps, écrite par cette dernière en collaboration avec Tristan Demers et le dessinateur Sampar.
Yvon avant Deschamps, un ouvrage «super cute», a précisé Guy A. Lepage, et en magasin le mercredi 7 octobre, relate des tranches de l’enfance d’Yvon Deschamps dans le Québec des années 1930 et 1940, qui ont nourri plusieurs de ses monologues légendaires.
Le père spirituel des humoristes québécois a donné le ton à son entretien à Tout le monde en parle en blaguant, avec son éternel air faussement indigné, qu’il est «pour le troisième lien… entre L’Île-des-Sœurs et Montréal».
L’entrevue a été un beau prétexte pour parler de sa jeunesse. Une jeunesse «tellement heureuse», a souligné le principal intéressé.
«On n’était pas pauvres. On avait un beau logement. Nos parents nous aimaient. Qu’est-ce que tu veux de plus…?»
Yvon Deschamps était apparemment un enfant tranquille («J’étais un ange!»), qui pouvait néanmoins faire des mauvais coups sous l’effet de l’impulsivité. Sa maman disait qu’il allait faire «un pape ou un pendu», a relaté Annie Deschamps.
Yvon Deschamps a été invité à comparer, dimanche, la crise du logement des années 1940 et celle d’aujourd’hui, et à parler du rapport à l’argent qu’il a inculqué à ses enfants.
«Judi et moi, on dit ça: on ne peut pas être riches. (…) On n’est pas capables. Si on a un peu d’argent, on est juste des pauvres avec de l’argent. On a la mentalité des pauvres. Ça ne te lâche pas, ça», a soutenu celui qui a également rendu hommage à son papa dessinateur industriel, qu’il décrit comme cultivé et avant-gardiste.
Yvon Deschamps ne cache pas que la scène lui manque. «C’est une drogue…»
Devant un extrait de son passage à Tout le monde en parle en 2007 où il parlait de l’importance du vote, Monsieur Deschamps s’est prononcé sur l’avenir du français. À quel moment la langue disparaîtra, s’est enquis Guy A. Lepage?
«Je ne sais pas quand, mais nécessairement, ça va arriver. C’est normal. Tout disparaît, un jour. Ça peut être 100 ans, 200 ans. (…) Veux, veux pas, on est mélangés. Juste à voir les élections…»
Et où le monstre sacré Deschamps dessinera-t-il son crochet sur son bulletin de vote, lundi?
«Moi, je ne vote pas demain… parce que j’ai voté lundi passé!»
Minoritaire ou majoritaire?
Les analystes politiques Chantal Hébert, de Radio-Canada et L’actualité, et Mathieu Boivin, du 98,5, ont tracé le bilan de la campagne électorale provinciale qui culminera lundi.
Il a été question, avec eux, de la situation des différents partis, de l’avance du Parti Québécois dans les sondages, et de la promesse référendaire de celui-ci.
Est-ce que «l’épouvantail de la souveraineté pourrait empêcher PSPP d’obtenir sa majorité»? a voulu savoir Guy A. Lepage.
«Probablement», a répondu Chantal Hébert.
«J’en ai couvert pas mal, de campagnes. Je n’ai jamais vu une campagne où le gagnant présumé ne réussit pas à gagner un, deux ou trois points vers la fin, avec une espèce d’élan (…). Là, les sondages (…), c’est 29%. (…) Quand on se rappelle, Lucien Bouchard contre Jean Charest, on était dans les 40% dans les deux cas. Et là, on joue à 29%…»
«Former un gouvernement majoritaire à 29%, j’imagine que ça ouvrirait tout un débat sur le système électoral. (…) Ça serait le plus bas score possible qu’on ait vu qui donnerait un gouvernement majoritaire», a dépeint la chroniqueuse, ajoutant qu’elle ne voyait pas d’autre explication à ce résultat «que l’idée qu’on ne veut pas vraiment s’embarquer dans un ordre du jour référendaire».
Mea culpa pour Pierre-Yves Lord
Coanimateur invité de la semaine, Pierre-Yves Lord a abordé pour la première fois, en ouverture de Tout le monde en parle, dimanche, son arrestation survenue à Québec à la fin août.
Confessant avoir été «un petit snoreau», l’animateur du Moment de vérité a résumé l’histoire déjà largement médiatisée: à la sortie d’un spectacle, il s’est retrouvé au cœur d’un bouchon de circulation, a entrepris de guider les passants dans le secteur de la rue Dalhousie («brigadier d’un soir», l’a désigné Guy A. Lepage à la blague), et une policière lui a demandé «de dégager, sur un ton assez sec», dixit Pierre-Yves Lord.
«J’ai répondu d’une façon assez sèche, et je n’aurais pas dû faire ça, point. J’avais bu quelques verres, ce soir-là. Et ce n’est pas une excuse; je dirais plutôt que c’est une leçon. J’ai obtenu deux contraventions, que je ne conteste pas, que je paie. J’ai ma leçon», a raconté ce dernier.