Les candidats de six partis provinciaux dans Sainte-Marie-Saint-Jacques étaient réunis mercredi pour un débat électoral sur les enjeux au cœur du Village: la crise du logement, l’itinérance et la toxicomanie.
Les candidats de six partis provinciaux dans Sainte-Marie-Saint-Jacques étaient réunis mercredi pour un débat électoral sur les enjeux au cœur du Village: la crise du logement, l’itinérance et la toxicomanie. La majorité a dénoncé le manque de logements sociaux et la crise de l’itinérance qui en découle.
«On a probablement tous les mêmes constats sur les mêmes enjeux», a énoncé d’emblée le candidat du Parti Québécois dans la circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Philippe Schnobb.
En effet, tous les panélistes du débat organisé par l’Association citoyenne du Village de Montréal s’accordaient pour dire que la crise du logement actuelle est sans précédent. Certains avaient des visions différentes quant à ses causes.
De 2021 à 2024, le loyer médian des logements vacants dans le Grand Montréal a bondi de 46%. Sur l’île, le nombre de logements vacants a atteint le cap du 25 000 dans la dernière année.
Le candidat du Parti communiste du Québec, Adrien Welsh, dénonçait le fait qu’aucun logement social public n’a été créé depuis 1994. Philippe Schnobb a aussi décrié l’absence de construction de logements sociaux et s’est insurgé contre le définancement du programme AccèsLogis par la Coalition Avenir Québec (CAQ), qui était par ailleurs absente du débat.
Le candidat péquiste veut faire revivre le défunt programme, et viendrait mettre un terme à celui qui le remplace actuellement, le Programme d’habitation abordable du Québec. Il voudrait aussi instaurer un registre de baux à l’échelle de la province.
La solidaire Roxane Milot a elle aussi évoqué cette idée de registre de baux pour recenser et stabiliser le prix des loyers. Un gouvernement solidaire gèlerait aussi le montant des loyers à l’inflation pendant un an.
«Avec les hausses de loyer qu’on a eu dans les dernières années, plusieurs locataires ne sont simplement plus capables de [suivre]», a affirmé Mme Milot.
Justine McIntyre, la candidate du Parti libéral du Québec, a affirmé que la solution à la crise du logement est de construire 100 000 logements par an, en réduisant les délais d’octroi de permis et en se tournant vers des modèles préfabriqués.
Toxicomanie et santé mentale
Qui dit crise du logement dit aussi crise de l’itinérance. En 2025, Montréal comptait plus de 5000 personnes en situation d’itinérance sur son territoire. Le coût annuel de cet enjeu est estimé à plus de 700 M$ à l’échelle du Québec.
Bon nombre de ces personnes se trouvent dans le Village.
«Le Village n’est pas un endroit sécuritaire, plus maintenant», a laissé tomber la candidate Roxane Milot en réponse à une question sur le sentiment d’insécurité. La solidaire a récolté des hochements de tête approbatifs dans la foule en observant que la crise du logement prend ses racines simultanément dans la crise de l’abordabilité, de l’itinérance et des opioïdes.
Celle qui tente de reprendre le flambeau de Manon Massé dans Sainte-Marie-Saint-Jacques a souligné les bonnes intentions du ministre des Services sociaux, le caquiste Lionel Carmant. «Il voulait bien faire les choses, mais la ministre de l’Habitation [France-Élaine Duranceau] travaillait dans l’autre sens.»
Conséquemment, un gouvernement solidaire veut créer un «superministre» à l’itinérance, qui aurait le mandat de regrouper tous les ministères impliqués dans cette lutte.
Philippe Schnobb a répété la promesse du PQ de réduire de moitié l’itinérance durant son mandat. Il n’a toutefois pas élaboré sur les mesures concrètes à adopter.
La libérale McIntyre a livré un discours sur le sentiment d’insécurité qui sévit en territoire urbain, en concluant avec la nécessité d’un «alignement entre les paliers municipal, provincial et fédéral».
Linda Sullivan du Parti marxiste-léniniste du Québec et Lina Zdruli du Parti vert du Québec étaient aussi présentes. Les candidats de la CAQ et du Parti conservateur du Québec ont refusé de participer au débat.
«Je regrette l’absence de la CAQ, j’aurais aimé avoir leur vision pour Sainte-Marie-Saint-Jacques pour les quatre prochaines années, étant donné qu’on l’a ignoré pour les huit dernières», a dit Philippe Schnobb.
En rafale
- Le Parti libéral promet d’investir 1,5 G$ pour ajouter 40 000 logements sociaux et communautaires supplémentaires en cinq ans.
- Le Parti libéral veut réduire les délais d’accès à des soins de santé mentale.
- Québec Solidaire veut rendre les soins de santé mentale gratuits.
- Québec Solidaire voudrait construire ou convertir 50 000 logements sociaux ou communautaires sur une durée de cinq ans.
- Le Parti Québécois veut réduire de 50% le nombre de personnes en situation d’itinérance d’ici 2030.
- Le Parti libéral veut investir 60 M$ supplémentaires par année dans la lutte contre l’itinérance, soit 240 M$ sur quatre ans.