Montréal se penche sur la pertinence de conserver le nom Colbert dans sa toponymie, notamment trois rues situées à Saint-Léonard, à Anjou et à Pointe-aux-Trembles. Le passé esclavagiste de l’homme
Montréal se penche sur la pertinence de conserver le nom Colbert dans sa toponymie, notamment trois rues situées à Saint-Léonard, à Anjou et à Pointe-aux-Trembles. Le passé esclavagiste de l’homme mis à l’honneur, Jean-Baptiste Colbert, suscite un certain mécontentement.
«Nous avons eu plusieurs demandes de citoyens qui ont signifié leurs préoccupations concernant le nom de Coblert», souligne la mairesse Soraya Martinez Ferrada en marge de la réunion hebdomadaire du comité exécutif. «Nous avons mandaté le Comité consultatif en reconnaissance afin qu’il analyse les lieux portant le nom Colbert sur le territoire de montréal.»
En fonction de ses trouvailles, ce comité recommandera à la Ville de retenir ou de remplacer le toponyme.
Nouvelle-France et esclavage
Jean-Baptiste Colbert était un homme d’État de la fin du 17e siècle, sous Louis XIV. Au Québec, il est surtout reconnu pour avoir transformé la Nouvelle-France en colonie royale. Comme ministre responsable des colonies, c’est lui qui a nommé Jean Talon – aujourd’hui bien mieux connu – comme premier intendant de la Nouvelle-France. Il a aussi financé l’envoi des Filles du Roy.
Or, il est également l’auteur du Code noir. Ce code a encadré et institutionnalisé l’esclavage dans les colonies françaises des Antilles, y compris à Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti). Le Code noir ne couvrait pas le territoire de la Nouvelle-France, mais l’esclavage y était également présent.
La situation fait particulièrement sourciller à Saint-Léonard. La rue Colbert est à un jet de pierre de la future station de métro Vertières, dans le prolongement de la ligne bleue. Vertières fait référence à une célèbre bataille du même nom en Haïti, en 1803, lors de laquelle les esclaves libérés ont défait une armée de Napoléon venue les remettre en esclavage. La République d’Haïti a été proclamée l’année suivante.