Le « tampon de passeport le plus rare au monde » n’est pas sur Terre

Le « tampon de passeport le plus rare au monde » n’est pas sur Terre

Pas de poste-frontière, pas de file à l’immigration et encore moins de visa à l’arrivée. À quelque 400 kilomètres au-dessus de la Terre, la Station spatiale internationale possède pourtant son propre tampon. L’astronaute indien Shubhanshu Shukla vien...

Le « tampon de passeport le plus rare au monde » n’est pas sur Terre

Il faut manifestement aller très loin pour obtenir certains tampons de passeport. Dans ce cas précis, environ 400 kilomètres au-dessus de la Terre.

Un lieu que s’apprête justement à quitter l’astronaute française Sophie Adenot. Après près de huit mois à bord de la Station spatiale internationale, elle doit se désamarrer de l’ISS ce mercredi 7 octobre avec ses trois coéquipiers de la mission Crew-12, avant un retour sur Terre prévu le lendemain au large de la Californie.

Dans une publication partagée sur Instagram le 6 octobre 2026, l’astronaute indien Shubhanshu Shukla a dévoilé l’un des souvenirs les plus insolites de son passage dans la Station spatiale internationale (ISS) : un tampon de la station apposé directement sur une page de son passeport.

« Le tampon de passeport le plus rare n’est pas sur Terre », plaisante l’astronaute, qui accompagne son message d’une série de photographies montrant le passeport et le petit tampon utilisé à bord.

L’ISS dispose en effet de cachets utilisés notamment pour marquer du courrier et différents souvenirs ayant réellement séjourné dans la station. Et, à l’occasion, une page de passeport.

Pas de contrôle d’immigration à 400 kilomètres d’altitude

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Évidemment, le tampon de l’ISS ne constitue pas un tampon d’entrée au sens administratif du terme.

La Station spatiale internationale n’est ni un pays ni un territoire disposant de son propre contrôle aux frontières. Aucun visa n’est délivré à l’arrivée et aucun officier d’immigration n’attend les astronautes au terme de leur voyage.

Shubhanshu Shukla s’amuse d’ailleurs de la comparaison : pas de file d’attente à l’immigration ni de visa à l’arrivée, mais un trajet effectué à environ 28 000 km/h pour rejoindre la station.

L’ISS évolue à environ 400 kilomètres au-dessus de la Terre et fait le tour de la planète en quelque 90 minutes. Ses occupants assistent ainsi à environ 16 levers et couchers de soleil chaque jour.

Autre élément qui contribue à rendre ce souvenir particulièrement inhabituel : très peu de personnes ont eu l’occasion de se rendre dans la station. La NASA indique que plus de 280 astronautes l’ont visitée depuis le début de son exploitation.

Shubhanshu Shukla, premier Indien à séjourner dans l’ISS

Shubhanshu Shukla a rejoint la Station spatiale internationale en juin 2025 dans le cadre de la mission privée Axiom Mission 4 (Ax-4).

Pilote de la mission, l’astronaute de l’Indian Space Research Organisation (ISRO) voyageait avec l’Américaine Peggy Whitson, le Polonais Sławosz Uznański-Wiśniewski et le Hongrois Tibor Kapu.

Leur vaisseau Crew Dragon a décollé de Floride le 25 juin 2025 avant de s’amarrer à l’ISS le lendemain. L’équipage est revenu sur Terre le 15 juillet après environ deux semaines et demie dans l’espace et une soixantaine d’expériences scientifiques réalisées pendant la mission.

Cette mission faisait de Shukla le premier astronaute indien à séjourner dans la Station spatiale internationale.

Plus d’un an après son retour, l’astronaute continue de partager sur les réseaux sociaux des images et anecdotes de cette expérience.

D’autres voyageurs de l’espace ont déjà fait tamponner leur passeport

Shubhanshu Shukla n’est cependant pas le premier occupant de l’ISS à avoir eu l’idée de transformer son passeport en souvenir spatial.

En 2007, l’informaticien américano-hongrois Charles Simonyi, devenu le cinquième touriste spatial à rejoindre l’ISS, avait volontairement glissé son passeport parmi ses effets personnels avant son départ.

Interrogé avant son vol, l’ancien dirigeant de Microsoft expliquait l’avoir emporté essentiellement pour le faire tamponner une fois arrivé dans la station.

Deux ans plus tard, lors de son second séjour dans l’espace, Simonyi récidivait. Son passeport ayant entre-temps été renouvelé, il expliquait vouloir lui aussi recevoir les cachets de l’ISS, ajoutant avec humour qu’il savait désormais où trouver les plus beaux.

Le Musée de la Banque du Canada confirme également l’existence de ce cachet utilisé pour identifier des documents et objets ayant séjourné dans l’ISS. L’institution conserve notamment un prototype de billet canadien de cinq dollars qui avait voyagé dans l’espace et porte lui aussi le cachet de la station. Elle cite précisément le passeport tamponné de Charles Simonyi et décrit cette pratique comme une tradition initiée par les Russes.

Des drapeaux, des enveloppes et des souvenirs également tamponnés dans l’espace

Le passeport n’est d’ailleurs qu’un support parmi d’autres.

En 2005, l’entrepreneur américain Greg Olsen, troisième touriste spatial de l’histoire, avait emporté dans l’ISS un petit drapeau de l’université de Princeton. Le drapeau, aujourd’hui conservé dans les archives de l’établissement, porte au verso le cachet de la Station spatiale internationale.

En janvier 2016, l’astronaute britannique de l’ESA Tim Peake a quant à lui signé à bord de l’ISS plusieurs enveloppes philatéliques commémoratives réalisées à l’occasion du 150e anniversaire de la Royal Aeronautical Society. Le National Space Centre britannique indique que ces exemplaires portent également le tampon officiel de la Station spatiale internationale.

L’histoire du « tampon de l’ISS » est donc plus ancienne que la publication de Shubhanshu Shukla. Mais son passeport offre aujourd’hui une nouvelle illustration particulièrement parlante de cette petite tradition spatiale.

Et probablement l’un des rares tampons pour lesquels la difficulté n’est pas d’obtenir un visa, mais simplement… d’arriver jusqu’au « poste-frontière ».

L’éclairage VisasNews

Le cachet apposé dans le passeport de Shubhanshu Shukla est avant tout un souvenir : il n’a aucune valeur en matière d’immigration et ne matérialise pas une entrée dans un territoire. La Station spatiale internationale ne constitue pas un État et ses occupants n’y franchissent aucune frontière internationale au sens des formalités de voyage. Cela n’empêche pas ce petit tampon, accessible à moins de 300 visiteurs depuis la mise en service de l’ISS, de figurer parmi les marques les plus difficiles à obtenir dans un passeport.

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