Le Parti libéral du Québec prévoit construire 100 000 logements par année, annonce son chef Charles Milliard. C’est le double du rythme actuel de construction. M. Milliard en a fait
Le Parti libéral du Québec prévoit construire 100 000 logements par année, annonce son chef Charles Milliard. C’est le double du rythme actuel de construction.
M. Milliard en a fait l’annonce lundi lors d’un rassemblement à Beloeil. Il souhaite atteindre la cible de 100 000 logements en misant davantage sur les unités préfabriquées, avec du financement de la Société d’habitation du Québec (SHQ).
Un programme de prêts sans intérêts serait aussi instauré auprès d’Investissement Québec. Les entreprises pourraient ainsi moderniser leurs lignes de production pour diminuer les coûts de construction.
Le rythme de construction a augmenté d’environ 50% depuis deux ans au Québec, atteignant plus de 59 000 mises en chantier en 2025 selon l’Institut de la statistique du Québec. Ce chiffre est toutefois loin d’être suffisant pour faire diminuer les prix des loyers et de l’accès à la propriété. Selon la SCHL, seulement à Montréal, il faudrait construire plus de 72 000 logements par an seulement pour revenir aux niveaux d’abordabilité pré-pandémiques.
M. Milliard n’a pas manqué de décocher une flèche à la première ministre sortante, Christine Fréchette. En fin de semaine, celle-ci a affirmé que la crise du logement était «du passé» dans certaines régions.
«Pendant que Christine Fréchette affirme que la crise du logement est derrière nous, trop de familles, de jeunes et de Québécois de la classe moyenne ont de plus en plus de difficulté à se loger. On ne règle pas une crise en déclarant qu’elle n’existe plus», a lancé M. Milliard.
La Société canadienne d’hypothèques et de logements (SCHL) s’attend d’ailleurs à ce que le Québec soit une des rares provinces où les prix des maisons ne reculeront pas cette année.
Serrer la vis aux municipalités
Pour accélérer la construction de logements, Charles Milliard et le PLQ comptent aussi réclamer une livraison plus rapide et efficace des permis et autres autorisations de la part des municipalités. Et il compte frapper là où ça blesse, c’est-à-dire dans le portefeuille. Les municipalités jugées performantes recevraient des «leviers financiers supplémentaires»; les moins performantes devront améliorer leurs pratiques pour y avoir accès.
La question des permis de construction n’est pas anodine. À Montréal, les délais pour l’octroi de permis ont doublé au cours des dernières années. Selon un décompte fait par TVA Nouvelles l’an dernier, le délai moyen pour un permis de construction dépasse un an.
En campagne électorale, Soraya Martinez Ferrada – élue mairesse depuis – avait promis d’utiliser l’intelligence artificielle pour réduire les délais à 90 jours pour un permis de construction et à 25 jours pour un permis de rénovation.
Santé, bureaucratie et éducation
Également lundi, les partis politiques ont annoncé des promesses concernant la santé, la bureaucratie et l’éducation.
- La Coalition Avenir Québec a promis de réduire les délais en santé. Le parti promet notamment de faciliter le travail à la fois au public et au privé de la part des médecins.
- Le Parti québécois promet de réduire la bureaucratie et recentrer les opérations de l’État autour de ses missions fondamentales. Le parti de Paul St-Pierre Plamondon prévoit économiser 4,7 G$ sur quatre ans en réduisant la taille de la fonction publique, notamment en utilisant l’intelligence artificielle.
- Québec solidaire promet de s’attaquer au décrochage scolaire en investissant davantage dans le réseau scolaire. Le parti prévoit l’embauche de 2000 professionnels et membres du personnel.
- Du côté du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime promet d’abolir la taxe de vente du Québec (TVQ) sur les biens usagers.