Face-à-face TVA – Le coût de la vie marque le débat

Face-à-face TVA – Le coût de la vie marque le débat

Le coût de la vie et le «gaspillage caquiste» étaient au coeur du Face-à-Face organisé par TVA mardi soir, où les chefs des cinq principaux partis débattaient sur la crise

Montage des cinq chefs des principaux partis à leur arrivée au Face-à-face TVA.

Le coût de la vie et le «gaspillage caquiste» étaient au coeur du Face-à-Face organisé par TVA mardi soir, où les chefs des cinq principaux partis débattaient sur la crise économique, les services publics ainsi que l’avenir du Québec.

«On ne peut pas dépenser notre argent comme si c’était de l’argent Monopoly, et après se demander pourquoi l’itinérance est en hausse», a lancé le chef du Parti Québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, à l’égard du gouvernement caquiste.

Réunis pour la première fois dans le cadre de la campagne électorale pour débattre des thèmes de l’économie sous tension, «nos impôts, nos services» ainsi que de l’avenir du Québec, les candidats à la course à la chefferie du Québec se sont vite accordés dans leurs discours pour dénoncer la hausse du coût de la vie.

Paul St-Pierre Plamondon

Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, a insisté que le gouvernement sortant n’a pas «pris soin de notre économie, de nos PME» durant ses deux mandats. La co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, a souligné les impacts de la crise du coût de la vie et de la guerre tarifaire sur la population québécoise.

Améliorer l’économie québécoise

Questionné sur son plan pour enrichir le Québec, le chef péquiste a proposé de réduire la fiscalité des entreprises et le «gaspillage caquiste» pour que le Québec redevienne une juridiction attirante en termes de croissance économique. Sans manquer l’occasion de lancer une pique à la Coalition Avenir Québec (CAQ), puisque celle-ci voulait réduire la taille de la bureaucratie pendant son mandat, mais a finit avec un nombre de fonctionnaires augmenté.

La première ministre sortante et cheffe caquiste, Christine Fréchette, a mis l’accent sur le besoin de stabilité économique des Québécois. Elle a attaqué Paul St-Pierre Plamondon en affirmant qu’un référendum serait désastreux étant donné le contexte économique actuel.

Charles Milliard a rappelé deux promesses phares du PLQ. Il veut construire 100 000 logements à terme par année et mettre en place une plateforme publique de télésanté «pour désengorger le système de santé et lui offrir une deuxième chance».

Du côté du Parti conservateur du Québec (PCQ), la province doit redevenir une superpuissance énergétique, notamment par la filière du gaz de schiste. «On serait en meilleure position face à nos voisins du sud», a émis le chef conservateur, Éric Duhaime.

«On a besoin de reconstruire nos écoles, nos routes, nos hôpitaux, a dit Ruba Ghazal, en soulignant que tous les leviers de l’État doivent être utilisés pour donner des contrats aux entreprises québécoises. On veut d’un État qui construit le Québec, avec notre bois, avec notre acier.» 

Des échanges corsés

Qui dit débat dit joute verbale, et piques il y a eu. Le chef conservateur a notamment ridiculisé le projet de nationalisation des épiceries de QS en blaguant que la seule fois que son chemin avait croisé celui d’une épicerie publique, «c’était à Cuba». «Je ne souhaite ça à personne», a lancé M. Duhaime.

Lorsque le PCQ a abordé sa promesse d’abolir la taxe carbone, Mme Fréchette a crié au «démantèlement de l’État». «C’est pas oser pour vrai, c’est détruire pour vrai», a-t-elle suivi, accusant le chef conservateur de s’en prendre directement à la place des femmes sur le marché du travail en ne voulant pas investir dans les CPE. 

«On veut offrir de l’oxygène aux familles […], vous appelez ça détruire?», a répondu M. Duhaime. 

Si l’équipe péquiste se dit «experte en économie», Milliard assure détenir l’expertise en santé. Le chef libéral propose une plateforme de consultation en télévirtuel auprès de professionnels de santé.

«Le gaspillage en santé a coûté cher au Québec», a lancé M. Milliard, rappelant le scandale SIFA révélé lundi par Radio-Canada. Sous la CAQ, la transformation numérique du Système d’information des finances et de l’approvisionnement (SIFA) de Santé Québec aurait dépassé la somme de 1 G$, soit 10 fois plus que le budget initial.

Unis contre la CAQ

La majorité des attaques étaient dirigées envers la première ministre sortante. M. Duhaime et M. Milliard ont d’ailleurs uni leurs forces pour rappeler le déficit du parti sortant, qui aurait alourdi la dette du Québec de 100 G$, selon Duhaime.

Fréchette a riposté en disant que les gouvernements péquistes et libéraux précédents n’avaient pas construit d’écoles depuis une dizaine d’années, ce qui a coûté cher au Québec.

«C’est normal que les tirs étaient ciblés contre Mme Fréchette, […] parce qu’en élection, on cherche à renverser un gouvernement», a répondu en période de questions le chef libéral. «En termes de gaspillage de fonds publics, tous les partis ont constaté la même chose [à propos du bilan de la CAQ]», a ajouté M. St-Pierre Plamondon.

 «Aucun parti a [un bilan] 100% positif au terme de son mandat», s’est défendue Christine Fréchette. Elle affirme ne pas renier les échecs de la CAQ, «mais il faut voir que des leçons ont été tirées.»

Pour l’instant, le PQ mène dans les intentions de vote (29 %), suivi par le PLQ (23 %), la CAQ (21 %), le PCQ (17 %) et QS (10 %), selon le plus récent sondage Léger. Noovo et Radio-Canada organiseront leurs propres débats les 16 et 23 septembre prochains. Les élections provinciales auront lieu le 5 octobre.

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Journal Métro (FR)




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