Chypre du Nord : l’e-Visa entre en vigueur pour trois nationalités

Chypre du Nord : l’e-Visa entre en vigueur pour trois nationalités

La partie nord de l’île de Chypre met en service son nouveau système de visa électronique. Dans un premier temps, les ressortissants d’Arménie, du Nigeria et de Syrie sont concernés par cette procédure en ligne, qui se substitue au visa consulaire ex...

Chypre du Nord : l’e-Visa entre en vigueur pour trois nationalités

La Chypre du Nord franchit une nouvelle étape dans la numérisation de ses formalités d’entrée avec la mise en œuvre d’un système de visa électronique (e-Visa) destiné, dans un premier temps, aux ressortissants de trois pays.

Repère géopolitique

Une précision géopolitique s’impose toutefois sur la destination concernée. Dans cet article, l’expression « Chypre du Nord » désigne la partie nord de l’île administrée de facto par la République turque de Chypre du Nord (RTCN), proclamée en 1983 et reconnue comme État uniquement par la Turquie.

Dans sa résolution 541 adoptée en 1983, le Conseil de sécurité des Nations unies a considéré juridiquement invalide la déclaration d’indépendance de la RTCN et appelé les États à ne pas reconnaître d’autre État chypriote que la République de Chypre.

Par ailleurs, l’ensemble de l’île fait juridiquement partie de l’Union européenne depuis l’adhésion de la République de Chypre en 2004 mais, comme le rappelle la Commission européenne, l’application du droit de l’Union est suspendue dans le nord, où le gouvernement de la République de Chypre n’exerce pas de contrôle effectif.

C’est donc l’administration chypriote turque du nord de l’île qui met aujourd’hui en place cette nouvelle formalité électronique.

Après une première annonce officielle du Premier ministre Ünal Üstel le 23 août 2026, le dispositif a été formalisé dès le lendemain par plusieurs textes publiés au Journal officiel n°154 du 24 août 2026.

Ce numéro comprend notamment le nouveau règlement relatif au visa électronique, une modification de la réglementation sur les visas et titres de séjour, la désignation des premières nationalités concernées et la fixation des droits de visa.

Un portail officiel de demande d’e‑Visa est parallèlement désormais accessible sous l’autorité de la Muhaceret Dairesi Müdürlüğü, la direction de l’immigration de Chypre du Nord.

Trois nationalités concernées dans un premier temps

Le nouveau dispositif pour la partie Nord de Chypre concerne initialement les ressortissants de trois pays :

  • Arménie ;
  • Nigeria ;
  • Syrie.

Jusqu’à présent, les ressortissants de ces trois États devaient obtenir leur visa avant leur déplacement auprès d’une ambassade, d’un bureau de représentation ou d’un consulat de Chypre du Nord.

Dans son annonce du 23 août dernier, le Premier ministre Ünal Üstel a expliqué que cette procédure de visa consulaire serait supprimée pour les nationalités intégrées au nouveau système électronique.

Les demandes doivent désormais pouvoir être examinées en amont par les services de l’immigration. Selon le motif du déplacement, ceux-ci pourront également solliciter l’avis de la police ou d’autres administrations afin que les contrôles de sécurité et d’éligibilité commencent avant l’arrivée du voyageur.

Les Français, Belges, Suisses et Canadiens ne sont pas concernés par cette nouvelle obligation d’e-Visa. La procédure vise pour l’heure exclusivement les ressortissants arméniens, nigérians et syriens.

La page consacrée aux règles de visa du ministère des Affaires étrangères de Chypre du Nord indique que les ressortissants des autres pays peuvent, sous réserve de remplir les conditions d’entrée, obtenir leur autorisation de séjour auprès des services d’immigration aux points d’entrée.

Comment fonctionne l’e-Visa de Chypre du Nord ?

Le nouveau portail e‑Visa kktc-evize.gov.ct.tr permet d’effectuer la démarche sur internet.

Le demandeur doit commencer par remplir un formulaire en fournissant notamment ses informations de passeport, ses coordonnées et les renseignements relatifs à son voyage.

Le fonctionnement présenté par l’administration se déroule en trois étapes : dépôt de la demande en ligne, paiement après approbation, puis récupération de l’e-Visa depuis le système.

Une fois la demande approuvée, le voyageur peut ainsi procéder au paiement en ligne. Lorsque le traitement est terminé, l’e-Visa est disponible depuis la plateforme afin d’être consulté et téléchargé avant le départ.

Trois grandes catégories sont actuellement proposées sur le portail :

  • visa touristique, pour les vacances, les visites culturelles ou les séjours auprès de proches ;
  • visa étudiant, destiné aux personnes admises dans un établissement d’enseignement supérieur de Chypre du Nord ;
  • autres visas, notamment pour les déplacements professionnels, les événements, les soins médicaux ou les visites officielles.

Pour le visa touristique, la plateforme officielle affiche actuellement un délai moyen de traitement de 3 à 5 jours ouvrés.

La réglementation prévoit néanmoins un cadre plus large : les demandes doivent en principe être traitées dans un délai maximal de 30 jours, avec une possibilité d’extension jusqu’à 60 jours lorsque des nécessités administratives l’exigent.

Le gouvernement explique que le nouveau système doit permettre aux autorités d’effectuer les vérifications nécessaires avant l’arrivée du voyageur, plutôt que de débuter ces contrôles uniquement au passage de la frontière.

Des e-Visas de 40 à 120 dollars

La décision Ü(K-I) 1743-2026, publiée elle aussi au Journal officiel du 24 août 2026, fixe les droits applicables aux ressortissants soumis au nouveau dispositif.

Selon les modalités de cette décision, les tarifs sont les suivants :

  • e-Visa à entrée unique : 40 US$ ;
  • e-Visa à entrée unique urgent, VIP ou express : 80 US$ ;
  • e-Visa à entrées multiples : 80 US$ ;
  • e-Visa à entrées multiples urgent, VIP ou express : 120 US$.

Les frais sont acquittés en ligne.

Pour les voyages touristiques, la réglementation prévoit la possibilité de délivrer un visa à entrée unique ou à entrées multiples, selon la demande et la décision des autorités. Les personnes venant dans le cadre d’un permis de travail ou d’un titre de séjour doivent en revanche recevoir un visa à entrée unique.

Comme pour un visa classique, la possession d’un e-Visa ne constitue pas une garantie absolue d’admission sur le territoire. Les agents de l’immigration conservent la possibilité d’effectuer des vérifications complémentaires au point d’entrée et, le cas échéant, de refuser l’admission.

Une réglementation désormais publiée, mais toutes les pages officielles ne sont pas encore actualisées

Le lancement du dispositif intervient très rapidement après l’annonce gouvernementale du 23 août.

Le Journal officiel n°154 du 24 août 2026 comporte désormais les principaux textes nécessaires à son fonctionnement :

  • A.E.783, règlement relatif à l’e-Visa ;
  • A.E.784, modification du règlement relatif aux permis de séjour et aux visas ;
  • Ü(K-I) 1740-2026, relatif au règlement e-Visa ;
  • Ü(K-I) 1741-2026, relatif à la modification du règlement sur les permis de séjour et visas ;
  • Ü(K-I) 1742-2026, désignant l’Arménie, le Nigeria et la Syrie ;
  • Ü(K-I) 1743-2026, fixant les droits de visa.

Un décalage subsiste toutefois entre les différentes pages des administrations chypriotes turques.

Au 25 août 2026, le ministère des Affaires étrangères de la République turque de Chypre du Nord indique encore que les ressortissants arméniens, nigérians et syriens doivent déposer personnellement leur demande auprès d’une représentation consulaire avant leur voyage.

Cette information correspond à la procédure antérieure et n’a manifestement pas encore été actualisée pour tenir compte des textes publiés le 24 août et de la mise en ligne du nouveau portail e-Visa.

Le système débute donc avec trois nationalités, mais son architecture réglementaire permet au gouvernement d’ajouter ultérieurement d’autres pays à la liste des voyageurs soumis à cette procédure électronique.

L’éclairage VisasNews

L’e-Visa mis en place dans le nord de Chypre n’est pas une nouvelle formalité imposée à l’ensemble des visiteurs étrangers. Il remplace, dans un premier temps, la procédure consulaire qui s’appliquait aux ressortissants d’Arménie, du Nigeria et de Syrie. Les Français, Belges, Suisses et Canadiens ne sont donc pas concernés par cette mesure. La publication des textes au Journal officiel et la mise en ligne du portail officiel marquent néanmoins le démarrage concret d’un système qui pourra, à l’avenir, être étendu à d’autres nationalités par décision du gouvernement.

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VisasNews - World




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